Accueil > Archive presse > A Rubelles, les enfants étrangers sont interdits d’école !

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Date: 02-05-2012
Source: Mediapart

En France, l’instruction est obligatoire pour tous les enfants, français ou étrangers âgés de 6 à 16 ans et l’école est un droit pour tous à partir de 3 ans. Pourtant, depuis huit mois une vingtaine d’enfants attend le droit de se rendre à l’école. Ils ont entre 3 et 11 ans et leurs familles sont demandeuses d’asile. Elles sont logées en hébergement d’urgence sur la commune de Rubelles mais le maire refuse d’inscrire leurs enfants à l’école. Le premier argument avancé a été la question linguistique : ces enfants ne parlent pas français et l’école de Rubelles ne disposait pas de dispositif spécifique pour accueillir ces élèves. Les premières familles qui se sont présentées à la mairie de Rubelles ont donc été orientées vers la mairie de Melun, une commune voisine, pour que les enfants soient scolarisés en CLIN (classe d’initiation). Si, dans un premier temps, la commune de Melun a accepté de scolariser, à titre exceptionnel, plusieurs élèves de Rubelles, elle n’a pu satisfaire les demandes suivantes et les familles ont alors été renvoyées vers leur commune de résidence. Elles ne cessent depuis de se battre pour faire admettre leurs enfants à l’école de Rubelles.

A ce jour, seuls ceux qui, étant en France depuis plusieurs mois et parlent déjà bien français et ceux qui, bien que ne parlant pas français, sont de nationalité française ont pu être scolarisés. Pourtant, depuis la fin du mois de janvier un dispositif CLIN a été déployé sur l’école de Rubelles et est prêt à faire face à de nouvelles arrivées d’enfants. Mais le maire reste sourd : les enfants qui ne parlent pas français ne sont toujours pas scolarisés. Le maire avance d’autres raisons pour justifier ces multiples refus d’inscription scolaire : les effectifs tout d’abord (« nous sommes surbookés», alors même que l’éducation nationale assure qu’il n’y a « aucun problème d’accueil » à Rubelles), le coût (« un enfant scolarisé, ça coûte cher ! »), la légitimité de leur présence sur la commune (« Michel Dreano [adjoint au maire] aimerait qu’on lui prouve qu’un résident d’hôtel est un habitant ») ou la baisse du niveau scolaire qu’engendrerait la présence d’enfants non-francophones à l’école.

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